Depuis 2012, le Mali traverse une crise multidimensionnelle caractérisée par des conflits violents qui se manifestent sous diverses formes (affrontements communautaires, extrémisme violent, conflits autour de la gestion et du contrôle des ressources naturelles, criminalité transfrontalière et banditisme, conflit autour du contrôle des pistes de transhumance, etc.) Ces conflits trouvent sans aucun doute leurs sources dans des facteurs liés à la mauvaise gouvernance, au manque d’opportunités, aux mauvais mécanismes de gestion de l’économie et des ressources naturelles. Ces facteurs ont été couplés à une insécurité croissante, à une justice contestée dans des zones où la population est de plus en plus jeune et extrêmement pauvre. Cette situation a conduit au retrait de l’Etat de certaines parties du territoire sous la pression de groupes radicaux (le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans « GSIM », Ansaroul Islam, l’Etat Islamique au Grand Sahara « ISGS », la Katiba Macina). Plusieurs coups d’Etat militaires (2012, 2020, 2021) ont suspendu l’ordre constitutionnel et affaibli davantage l’Etat. Cette situation a entraîné la junte militaire dans un bras de fer avec la communauté internationale (embargo, sanctions, retrait du G5 Sahel, de l’EUTM et de l’armée française) entravant l’Etat de droit, les libertés individuelles et collectives et augmentant l’insécurité humaine. Une réorganisation des forces armées maliennes est en cours, accompagnée de l’acquisition d’équipements militaires de plus en plus performants et du soutien des milices russes Wagner, ce qui laisse présager une intensification des actions militaires mais aussi une augmentation des dommages collatéraux au sein des populations civiles, notamment marginalisées.
Dans cette situation complexe, les jeunes filles et garçons des zones rurales sont marginalisés par rapport à l’organisation socio-politique et économique de leurs localités, participent très peu aux mécanismes et processus de prise de décision et vivent sans accès aux services sociaux de base (éducation, santé, accès à l’eau potable…). L’extrême pauvreté les empêche d’accéder aux privilèges que peut conférer un statut de femme mariée. Des normes strictes régissent les sociétés patriarcales du Mali et les jeunes sont affectés dans leur vie quotidienne et leurs possibilités d’épanouissement ; ils ont rarement un pouvoir de décision, même pour les questions qui les concernent personnellement. La pression sociale et les griefs qui s’accumulent amènent les jeunes à chercher à renverser les normes sociales et à exiger la justice sociale.
La violence djihadiste s’est propagée au-delà des frontières et, selon différentes sources, elle a tué plus de 2 000 personnes et forcé le déplacement d’au moins 1,8 million de personnes au Burkina Faso, qui était jusqu’à récemment considéré comme relativement paisible et stable. Les attaques contre les détachements militaires se multiplient et deviennent plus complexes et ambitieuses, notamment dans les zones frontalières. Le Burkina Faso et ses partenaires sont conscients que la résolution du conflit nécessite une réponse globale et dépend fortement de l’évolution du Mali, car son insécurité croissante est en grande partie le résultat d’une extension du conflit malien, bien que la crise dans le nord du Burkina soit alimentée par un manque de confiance et des relations distantes avec les autorités de l’État central.
L’extrémisme violent a donc rendu plus complexe la situation politique et sécuritaire au Mali et au Burkina Faso. En conséquence, de nombreux jeunes vulnérables sont à la recherche de moyens de survie et d’opportunités économiques, des incitations que les groupes extrémistes violents utilisent avec succès pour attirer de nouvelles recrues dans les régions frontalières avec le Mali. Les deux pays ont connu une augmentation des attaques djihadistes touchant les jeunes dans les régions frontalières concernées. Ces développements ont fait de la prévention de l’extrémisme violent (PVE), avec un accent particulier sur les jeunes (garçons et filles), une priorité essentielle pour les gouvernements et la communauté internationale.
Dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet, ALERT a signé une convention de partenariat avec l’ONG AFAR qui a partagé à la conception du document de projet. Pour ce faire, AFAR est chargée de la mise en œuvre des activités dans les communes de Tominian (Région de Ségou), Commune urbaine de Mopti (Région de Mopti) et la commune de Douentza (Région de Douentza).

Formation en DIH / Forum de Douentza

Rencontre forum communautaire – Mopti

Mission de liaison du Projet ADA auprès des autorités de Tominian