Depuis 2012, le Mali fait face à une crise multidimensionnelle qui a instauré une précarité au sein des communautés du nord et du centre et déstabilisé les fragiles équilibres locaux, aggravant le sous-emploi, particulièrement celui des jeunes et des femmes. Malgré les nombreux efforts consentis par le gouvernement malien et ses partenaires, le niveau de pauvreté reste important dans cette partie du Mali.
Cette situation de précarité connait une grande ampleur dans les régions de Mopti et Tombouctou confrontées à : i) une insécurité grandissante qui continue d’avoir un impact négatif sur la sécurité alimentaire des communautés avec une perte de leurs moyens d’existence et des difficultés d’accès aux marchés et, ii) un déplacement massif des populations vers des localités plus sûres (les chefs-lieux de cercle ou de région) engendré par les violences perpétrées contre de nombreux villages. Les déplacements de populations ont fortement augmenté passant de 10 165 déplacés internes en 2018 contre 49 426 en 2019, pour la région de Mopti et de 19 529 en 2018 contre 26 715 en 2019 dans la région de Tombouctou (CMP, 2019).
Selon le rapport Displacement Tracking Matrix « DTM », la population déplacée dans le pays a augmenté de 12% par rapport à juillet 2020 (rapport DTM de décembre 2020). Le nombre de PDI est en effet passé de 332 957 personnes (rapport DTM de décembre 2020) à 372 266 en avril 2021 soit une augmentation de 39 309 individus. Cette augmentation s’explique par l’aggravation des conditions sécuritaires dans les Régions de Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Kayes au cours des derniers mois de 2020, engendrant de plus en plus de déplacements. A Mopti, le nombre de PDI courant le mois d’avril 2021 est 155 534 personnes dont 83 367 femmes. Ce nombre est un peu moindre à Tombouctou : 56 519 personnes dont 31 002 femmes.
En 2021, selon les données du rapport « Displacement Tracking Matrix », le nombre de déplacés internes dans ces zones a augmenté de plus de 34 475 personnes dans la région de Mopti et de 56 519 personnes dans la région de Tombouctou, ce qui risque d’impacter négativement sur l’équilibre social existant et par ricochet sur les acquis du projet.
Cette nouvelle initiative pour la « Réinsertion socio-économique des ménages déplacés dans les régions de Mopti et Tombouctou » devrait permettre de pérenniser davantage les acquis du premier financement par un suivi et un appui/accompagnement des organisations communautaires de base (OCB) qui exploitent les infrastructures mises en place et la sécurisation des emplois créés. Cet appui sera assuré par les agents des ONG locales CAID et AFAR (partenaires de mise en œuvre du premier projet) qui maitrisent la zone du projet. Ce nouveau projet permettra également d’engager de nouveaux bénéficiaires par leur implication dans les activités de création d’actifs et d’emplois.
Le présent projet s’inscrit dans la nouvelle Politique Nationale de l’Emploi (PNE) à laquelle a été adossé un Plan d’actions opérationnel. Il vise à créer les conditions d’une réinsertion socio-économique des jeunes et des femmes déplacées dans 4 communes des régions de Tombouctou et Mopti. Il consolidera les acquis du « Projet d’Appui à la Promotion de l’Emploi en Milieu Rural (PAPEMR) » financé par la Coopération monégasque entre janvier 2018 et juin 2020 ainsi que d’autres actions antérieures développées par SOS SAHEL dans les 2 régions. En effet, les réalisations du PAPEMR ont permis de créer 200 emplois stables pour les jeunes ruraux et de générer au total 44 640 € de revenus, ce qui correspond à 3 mois de dépenses annuelles pour les ménages pendant la période de soudure.
La mise en œuvre du programme est confiée à l’ONG AFAR pour le cercle de Youwarou.
LOGO SOS SAHEL INTERNATIONAL

Session de CLOCSAD DE Youwarou

Une bénéficiaire du projet avec ses 3 caprins


Une partie des participants de la journée de dialogue communautaire à Youwarou


Formation des bénéficiaires de l’Unité de transformation et de conservation du lait de Youwarou